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Les écoles ORA
Avec le père Lucien, j’ai visité une bonne partie des écoles ORA. Ces moments de partage furent pour moi vraiment des moments forts que j’espère vous faire partager bientôt. Je vous livre ci-dessous un texte qu’une journaliste francaise vient d’écrire après un passage à Impfondo.
Une règle noire à la main, Simon Sengabato, un pygmée de 9 ans, fait lire à ses amis les lettres de l’alphabet français inscrites sur le tableau d'une école pour autochtones à Moungoungui, un quartier populaire d’Impfondo, dans le nord du Congo-Brazzaville.
La méthode ORA enseignée dans cette école est exclusivement réservée aux pygmées. ORA comme Observer, réfléchir, agir.
"Ce sont des écoles préparatoires où l’enfant apprend (en français) pendant une durée de trois ans avant d’intégrer le système éducatif officiel ou ordinaire", commente le père Lucien Favre qui a introduit le système au Congo il est aidé financièrement par de l'Unicef.
"La méthode a été élaborée au Cameroun, en République centrafricaine et en République démocratique du Congo. Nous l’avons donc importée au Congo", ajoute le père Favre.
Simon continue la leçon au tableau noir: "Lisez +A+, lisez +B+, lisez +I+, lisez +U+". "Est-ce bien mes amis?". "Oui! C’est bien!", lui répond-t-on en choeur. Simon et 55 autres élèves, tous autochtones, suivent depuis deux ans les cours dispensés par l’enseignant Jonas Mongombo, 45 ans, un pygmée comme eux.
"On apprend aux enfants à lire, écrire et calculer", explique M. Mongombo. "Je veux que mes jeunes frères (autochtones) apprennent le français
pour réduire leur complexe d’infériorité devant les autres", les Bantous.
65% des adolescents de 12 à 15 ans de la minorité pygmée ne sont pas scolarisés, contre 39% des 12-15 ans à l'échelle nationale, selon l’Unicef.
Les autochtones représentent 2% de la population congolaise.
Selon Jonas
Mongombo, la région de la Likouala où se trouve Impfondo, compte 22 écoles ORA et 1.700 élèves. La région voisine de la Sangha (nord-est) en a quelques-unes également.
"Nous avons choisi les animateurs parmi les Baakas (autochtones de la Likouala) pour qu'une relation de confiance s'instaure entre ces enseignants, les élèves et leurs parents", souligne le père Favre.
Les initiateurs attendent désormais la reconnaissance du projet par le gouvernement qui devrait l’introduire dans la carte scolaire nationale.
Pour l’heure, les enseignants à la tête de ces structures sont essentiellement pris en charge par l’Unicef qui leur verse une rémunération mensuelle moyenne de 30.000 FCFA (45,80 euros)...
"ORA c’est le meilleur système qui existe pour scolariser les autochtones, car on leur apprend également les mesures d’hygiène qui sont quasi inexistantes dans leur milieu. Le nombre de ces
écoles augmente chaque année", se réjouit Marianne Flach, représentante de l’Unicef au Congo.
Certains cours sont parfois marqués par un fort absentéisme quand "arrive la période de pêche, de cueillette ou de récolte du miel", précise toutefois Jonas Mangombo. A cette occasion, "les élèves préfèrent accompagner leurs parents en forêt plutôt que de venir à l’école", admet l'enseignant pygmée.
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